Friday, June 1, 2012

The Kingdom of Scamalot (a.k.a. The Thai-Cambodia Border)

We've been in Cambodia for 3 weeks, and it's been a really great (almost) month even though it started on a bad note. I felt like going home straight after our experience at the border of Thailand and Cambodia (we crossed via Poipet, the most notorious boder crossing of them all), but I'll give Henri the floor to explain what happened. He can tell it best :)

Ok, en gros on a subi plusieurs tentatives d'arnaques à la frontière entre la Thailande et le Cambodge et nous avons eu le sentiment que si tout était comme si ici aussi, on rentrerait plus tôt à la maison. 

Nous voilà à Bangkok le 14 Mai, un jour avant la fin de notre visa de 30 jours, il est 5h quand nous arrivons et nous trouvons refuge au Mac Do, un des seuls endroits ouvert 24h/24h. Nous avons attendu 1h30 environ avant de regagner la même guest-house où nous étions restés en arrivant un mois avant.




Après quelques heures de dodo, nous faisons le tour des agences de voyage autour de Khao San pour s’apercevoir que tous vendent des tickets "combinés" de Bangkok à Siem Reap direct, pour 250 à 450 Bhats. Nous nous fixons sur une agende qui a l'air d'être là depuis un moment et qui nous fait le ticket à 300Bhats par personne, soit 10 dollars ou 8 euros.
Sachant que le ticket de bus était autour de 200Bahts, on se couche en se demandant comment ils peuvent faire pour vendre des tickets si peu chers.


Lendemain matin, 15 mai, on se lève aux aurores, 6h, pour être devant l'agence de voyage à 6h55 avec nos gros sacs, près à partir. On nous avait dit d'être là à 7h pour départ maxi à 7h20.
On rencontre un australien pas loin des 70 ans cheveux longs avec sa femme, une thai de 40 ans, et un ami à lui, un indien qui a un resto sur la plage à Goa, très sympa, la quarantaine.

7h25, je commence à montrer au chauffeur qu'il serait peut-être l'heure d'y aller... il mange des graines de tournesol et ne parle pas anglais. Ok... patience, on est en Asie! 7h45, le mini-van décolle enfin et on se trouve vite dans les bouchons. Dans le nord de Bangkok, on tourne dans un quartier puis on s'arrête dans un hôtel où 6 cambodgiens monte dans le van. Maintenant que nous sommes plein et qu'il est 9h30, il serait peut-être temps d'y aller...? Grrrr!

Where are we? Sa Kwan could mean "in the unmentionable" in Tagalog.

Le chauffeur roule hyper vite et très mal, on a tous envie de vomir au premier stop et çà devient une blague aves les Cambodgiens derrière nous. On arrive du coup en 2h30 à la "frontière".


Nous avions lu sur internet à propos de cette arnaque sans vraiment comprendre comment cela fonctionnait. Le mini-van s'arrête donc dans un agence de voyage à 1km de la frontière avec marqué en gros "Welcome to Cambodia". Bon, je veux bien que le touriste est pas bien intelligent, mais faut pas prendre des bacpakers de 7 mois pour des débutants! Mauvais sentiment démarre, on est évidemment pas au Cambodge et encore moins à la frontière, quelques tables avec des stylos on nous fait remplir le formulaire d'entrée au Cambodge, il nous demande la photo et l’agrafe sur cette feuille qui semble être une photocopie mais pas tellement officielle. Bref, je laisse faire tout du long mais je me répète toutes les 2 secondes les bons conseils de mon épouse, surtout ne pas s’énerver!

A la fin du speech du gars, je lui dis "combien?" d'une manière directe et franche. Pas de réponse, 2ème fois "Combien?". Et là, 1200Bhats, soit 40 dollars, sachant (on prend nos infos avant quand on voyage organisé) que le visa était à 20 dollars. On comprend donc tout à coup comment ils peuvent faire des billets si peu chers au départ de Bangkok, c'est parcequ'ils volent purement et simplement les touristes juste avant la frontière!

Marj étant d'un pays ASEAN, elle n'a pas à avoir de visa donc pas d'arnaque possible, la femme de l'australien étant thai, pareil, et en les voyant se lever, nous faisons de même immédiatement et expliquons que nous allons passer la frontière seuls, sans eux!

Ils nous remboursent 150Bhat chacun, soit la moitié du prix du billet, ce qui prouve qu'ils ne sont pas nets et veulent se débarrasser au plus vite de ceux qui ne suivent pas leur combine, pour qu'ils partent et n’entraînent personne avec eux.

Bon là, j'ai du mal à ne pas partir sans un majestueux et souriant "so this is the scam, you are bad people" et de revenir pour prendre une photo de cette bande d'enflures qui volent tous les jours aux yeux de tous et sans aucun problème. Ils sont même fiers, ils posent pour la photo! En zoomant sur la tête du mec en violet, le "boss" je pense, on peut y voir le Malin!


L'argument donné pour payer 40 dollars au lieu de 20, c'est qu'ils allaient faire la queue pour nous et qu'on aurait le visa en 10min, presque pas d'attente et tout et tout. En arrivant au poste de frontière thai, on comprend que l'attente se ferait là, une bonne vingtaine de gens devant nous. On attend 45min, comme tout le monde, mais nous n'avons pas le petit sticker de couleur posé sur notre T-shirt, ce qui veut dire qu'on est des voyageurs libres, et on est fier de notre décision. Tout le monde attend pour sortir de Thaïlande, rien de différent dans le "traitement" des VIP stickés = touriste qui ne veut pas avoir à penser et paye plus pour la tranquillité = 95% des gens, c'est un business juteux! Donc tout était du baratin mais çà on s'en doutait. :) 
Dans le "no man's land", un petit cours d'eau avant la saison de pluie, on voit plein de thais avec des pass autour du coup, on ne sait pas bien ce qu'ils font, mais on en a conclu que cela devait être le comité d’accueil pour la suite. 



Nous, on va au bureau pour avoir notre visa, on paye 20 dollars + 100 Bhats (2,5€), sorte de commission de douanier qu'ils rendent légal par un vieux papier plastifié disant "20 dollars + 100 Bhats" et... encore une de plus! Mais bon, c'est moins que les 20 qu'on vient d'essayer de nous prendre, et pis c'est la douane, officielle, je paye et on a donc mon passeport en 5 min (ok, çà vaut les 100 Bhats là! :) )
5 min plus tard, le temps de traverser la grande zone de casino ouverts en bordure de frontière, on arrive dans un petit bureau pour faire valider nos visas, tamponner l'entrée dans le territoire. Et là on retrouve les "touristes stickers" à qui on vient de remettre leur passeport avec visa. Comme ils ne sont pas rentrés dans le bâtiment, ils ne savent pas qu'on l'a eu en 5 min. Shutt! Faut pas leur dire!

Ca y est, on est tamponnés, on peut rentrer au Cambodge! A nous ce beau pays qui nous attire tant depuis longtemps.... "hello, you philippines, you no visa, you no pay", mince notre rêve dure 10 secondes, un gars nous accoste comme çà. Je dis à Marj "il veut quoi celui-là?" et là j'étais en mode "faut pas m'emmerder trop là! ok?", mais il nous dit getillement que le gouvernement a mis un service de navette en place entre la frontière et la station de bus pour partir vers Siem Reap. La garde se baisse, un peu, car il est poli et parle bien, on monte donc dans le bus, et quand il nous dit qu'il est bénévole et qu'il espère être titulaire bientôt, on sent que la suite de la journée ne sera pas différente de la Thailande.

A noter que pendant les 5 min de bus "gratuites", on s’aperçoit de suite que le Cambodge est beaucoup plus pauvre que la Thailande, un impression de revenir en Inde dans les rues et le bazar.

A la "bus station", pas un cambodgien! Nous sommes toujours avec l'australien, la thai et l'indien à ce moment là et on leur dit aurevoir quand ils prennent un taxi à 48 $ (12$ x 4, même si vous êtes trois) alors que le prix devrait être entre 25 et 40 maxi. Mais comme ils n'ont pas envie de s’embêter plus longtemps, ils payent le taxi et s'en vont. Nous, on prend un ticket de bus à 9$ chacun (soit 3 fois le prix pour la même distance après, une fois "vraiment" au Cambodge mais on sait pas quand on arrive!) et nous dit que le bus part à 15h30 (dans 30min) et qu'il nous déposera au centre ville, info confirmée 4 ou 5 fois après demandes pressantes de ma part auprès de celui qui paraissait diriger les opérations, car je me doutais de la suite. "association"? de malfaiteurs? çà doit être çà plutôt.

Au moment où le gars me rend les 2$ qu'il me devait sur les 20$ donnés, celui qui nous avait accompagné de la frontière jsuque là ré-apparait soudainement et me dit "give me tip? me not paid" mais ouais!!!! bon toi, tu vas t’asseoir dans un coin avant que la moutarde me monte, ok? :D non mais! mais encore, car je travaille dessus depuis que je voyage, avec le sourire et sans s’énerver, mais il a vite compris qu'il fallait pas insister trop car c'est pas toujours facile.. :). On se pose donc et on attend 30min. Je note les taux de change de la seule agence de change du quartier, en face du comptoir à ticket, puisque beaucoup de touristes pensent qu'ils doivent avoir de l'argent tout de suite. Taux honteusement arnaqueurs une fois vérifiés sur internet, çà aussi, on s'en doutait!



Voilà le petit bus, comité d'accueil après la frontière, un taxi à 48$ (2 fois le prix normal), et la magnifique station de bus entièrement repeinte et faisant tâche par rapport aux bâtiments sales autour.



On monte dans le bus à 15h25, et à 16h, on peut enfin décoller, les derniers à passer sont arrivés. Car nous sommes peu à avoir acheté des tickets, ils ont tous leur sticker magique! Coca à 1$ (2 fois le prix) dispo pour les gogos!


Comme nous n'avons aucune trace écrites de tout le voyage (et d'autres en Thaïlande) car ils prennent le billet, donne un sticker si on a un changement à faire, mais tout disparaît, alors on prit une photo furtive du ticket avant que le "contrôleur" nous enlève cet élément de preuve de "l'arnaque et compagnie".


Pour faire court sur la fin de la journée, le bus avançait très lentement (fait exprès), un cambodgien parlant un peu anglais nous annonce qu'on va s'arrêter à mi chemin et qu'on devrait mettre 3h ou 3h30. Marj l’interpelle de suite et lui rappelle qu'on nous a dit que l'arrêt était au centre ville, j'enchérit en gueulant un peu, que tout le monde entende, mais pas moyen de discuter, ils ne vont pas s'arrêter au centre ville (bon, on s'en doutait! on a gueulé juste pour le plaisir là!). Après 1h30, mi chemin, arrêt pendant 1h, on sent qu'il faut que çà dure. On arrive au final à Siem Reap à 19h45, il pleut, il est tard (4h45 au lieu de 3h), il fait nuit, on nous dépose comme de la marchandise prête à être distribuer dans un petit parking loin du centre ville où il n'y a rien à part de gros hôtels luxueux. C'est connu, les gens qui prennent le bus "public" aime dormir dans ces hôtels, quand ils ont les sous!

On est sous des bâches tendues entre des bouts de bois, il pleut bien et on se dit "il faut qu'on trouve qqun avec qui partager". Bon réflexe, je trouve un italien vivant à Phuket en Thailande depuis 10ans qui avait déjà entamé les négociations et qui voulait bien partager. On a payé un prix presque juste du coup, 1$ par personne et on est enfin arrivés au centre ville et touristique de Siem Reap! On trouve une guest-house dans notre budget en face du vieux marché et à 3min à pied de "Pub Street", la petite rue à bar et club branchés pour touristes en manque de ce genre d'endroit. Après une si longue journée, un bon repas va faire du bien!


Quand je tire de l'argent au distributeur, on me donne des dollars, et je réalise alors que le pays vit avec les dollars, pas seulement la frontière. On a vite 2 monnaies dans les poches, les dollars pour les grosses sommes et les Reel pour les centimes, car il n'y a pas de pièces. 4000 Reel = 1 dollar - 25 centimes = 1000 Reel - 100 Reel = 0,025 centimes. Du coup çà donne le tourni pour faire les comptes!


Bon, on espère vraiment que le Cambodge va se reveler être différent de tout ce qu'on vient de vivre car cela épuise et donne envie de rentrer chez soi. Si tout le monde étiat mis au courant de l'arnaque et refuser de payer, ils devraient s'arrêter. Mais personne n'a intérêt à ce que cela s'arrête, il est bien évident que les gouvernements thais et cambodgiens laisse faire car ils touchent leur part du gateau, comme le douanier, comme tous ceux qu'on a rencontré ce jour là. On a donc passer les 2 jours suivant à pas faire grand chose, se reposer dans la chambre, mater la télé, manger, petite ballade digestive et retour à la chambre, çà fait du bien des fois!

Amok en tagalog, çà veut dire devenir tellement fou qu'on sort dans la rue et on veut tuer tout le monde. Traduction de l'explication de Marj, mais je crois qu'on voit bien ce que çà veut dire, et c'est ce que cette journée aurait pu nous faire ressentir. Mais après 7 mois de voyage, çà passe déjà beaucoup mieux!


Et nous pouvons déjà rassurer nos fidèles lecteurs (ceux qui ont tout lu et sont arrivés ici), le Cambodge est un pays très sympa et relax, pas encore l'esprit totalement pourri par l'argent comme les thais, on a donc rencontré des gens très gentils, y compris les nanas qui managent la guest-house où on est qui nous ont emmenés mangé une super soupe dans un endroit pas touristique du tout. La suite au prochain numéro!

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