Auroville (ou comment voler un scooter garé) (traduction), vendredi 2 et samedi 3 décembre 2011.
Nous sommes donc à Pondicherry (voir post précédent) et nous avons loué un scooter pour 4 jours à partir de vendredi matin. Nous partons pour Auroville, 10km au Nord de Pondy, après un bon petit dej fait de croissant, pain au chocolat et bon café au lait, comme tous les matins passés à Pondy. Il fallait être entre 14 et 15h au centre des visiteurs pour demander des pass pour le lendemain, vous comprendrez plus tard pour quoi.
Nous étions un peu sceptiques sur le concept même de la création de ce village, mais après avoir parlé longuement avec Manoj (notre hôte à Pondy devenu ami, voir post précédent), nous étions curieux de savoir ce qu'il en était. Pour faire simple, il s'agit d'un village créé en 1968 sur la base d'un rêve fait par " The Mother" "La Mère", compagne de Sri Aurobindo, dans les années 30. Ce rêve voyait un village où tout être humain pourrait vivre librement, lieu n'appartenant à aucune nation, où tout homme de bonne volonté pourrait s'accomplir dans sa recherche de vérité. Le but est l'unité de l'humanité. Cela semble abstrait mais ce village a bien été créé et reconnu par les Nations Unies. 125 pays sont venus déposer un peu de leur terre dans une urne dans le grand amphitéatre et la construction du Mantrimandir a commencé.
Il faut revenir une seconde sur l'Ashram de Pondicherry avant de continuer. Sri Aurobindo (d'où le nom de Auroville) et La Mère ont créé un lieu d'apprentissage extraordinaire à Pondy, basé sur le yoga intégral. Il serait long d'en parler ici (pour ceux que çà intéresse, je conseille quelques recherches sur le Net à ce sujet), mais en gros, un yoga qui s'applique à tout ce que nous faisons. C'est plus une façon de voir la vie et d'en tirer le maximum de positif possible, de tirer le meilleur de chacun. Comme Manoj a suivi l'enseignement de l'Ashram depuis petit, nous avions de bien bonnes conversations sur le sens de cet enseignement très en avance sur son temps. Auroville a donc été créé avec leur aval, mais par des gens qui croyaient en leur vision de la vie, pas par eux directement.
Arrivé au "centre des visiteurs", par lequel les touristes doivent passés, nous avons regardé une vidéo de 10 min sur la création d'Auroville et le sens de ce village avant d'avoir un pass pour aller voir le point de vue du Matrimandir. Comme il faut revenir le lendemain pour montrer son véritable intérêt pour le village, la plupart des touristes s'arrêtent à juste aller voir ce point de vue. Mais comme j'avais lu presque tout le site web la veille au soir, je savais qu'il fallait filer demander des pass pour le lendemain pour la visite du Matrimandir.
Je vous conseille d'aller voir: http://www.auroville.org/
Voilà un tourbillon dans le jardin en route (à pied, 1km) vers le fameux point de vue.
Voici un arbre qui ressemble beaucoup à celui qui a servi de point central à la création du village, à l'époque au milieu de nulle part mais que La Mère avait senti comme étant le bon endroit pour établir le village.
Toujours sur le chemin, un jardin très bien entretenu, un peu à la japonaise. On ne se sent pas en Inde, çà c'est sûr!
Et voilà le fameux Matrimandir, qui représente l'âme d'Auroville. Sa construction s'est achevée en 2008 et c'est un endroit absolument incroyable, mais çà, on le découvrira que le lendemain matin. Pour le moment, séance photo devant cette imposante boule qui doit bien faire 60m de diamètre. Nous sommes à 150/200m à ce moment là.
Un gros mille-pattes!
Deux insectes rouges rampent, coincés dans l'acte conjugal.
Après le point de vue, nous avions entendu parlé la veille à Pondy au Café des Arts qu'il y aurait une expo suivie d'un concert un peu plus tard le jour même. Nous avons donc marché en essayant de trouver cet endroit mais sommes arrivés prés du pavillon tibétain à la place où nous avons trouvé cet improbable dolmen fait à l'ancienne.
Le chemin que nous avons n'est pas le bon, nous arrivons devant cette porte d'un endroit appelé solitude et l'entrée ne nous donne pas envie d'aller déranger les gens qui s'y trouve.. :)
Après avoir demandé notre chemin, cela parait plus facile, on est dans la bonne direction ce coup-ci et on croise quelques vaches. Ah oui, il faut savoir que Auroville produit des fromages comme chez nous, pas une variété énorme mais çà nous a fait plaisir de manger du cheddar avec du pain.
Une fois l'endroit trouvé, nous faisons un tour de l'expo 2h avant que çà commence, il y avait donc personne sauf un groupe qui installer le son dehors. Des français, et là, je leur demande ce qu'il joue, comme ils disent du Reggae, nous décidons d'aller trouver quelque-chose à manger et de revenir plus tard, cette fois avec le scoot pour éviter la marche. Le bassiste m'explique comment faire pour revenir, et me dit "pour passer la barrière, tu fais comme si tu étais d'ici et tu verras, personne ne te demandera rien", ce qui a bien été le cas à notre retour vers 18h30 19h.
Il y avait un petit spectacle fait par de jeunes tibétains pour montrer leurs danses traditionnelles, un peu amateur mais sympa. La salle de spectacle était très bien, aux standards européens.
Vers 20h30, début du concert de reggae, chanté en français surtout mais aussi en anglais et en tamul. Sympa, plus des fans qui s'amusent que des pros mais çà a fait du bien d'entendre du reggae. Nous sommes rentrés à 22h, de nuit avec le scooter et on a été surpris par la fraîcheur à Auroville, très frais même, à cause de la nature si verdoyante. Il faisait beaucoup plus chaud à Pondy la nuit.
Lendemain matin, réveil à 7h30, café croissant rapide car nous avions rendez-vous à 9h pour la visite du Matrimandir. Çà a commencé par une vidéo de 30min, plus complète que celle de la veille, qui nous a fait comprendre aussi que l'idéal de communauté développé à l'origine avait un peu perdu de sa vigueur. Puis on est monté dans un petit bus qui nous a emmené sur le site et après les instructions du guide (silence absolu dès l'entrée dans le jardin, pas de sacs ou appareils photos ou téléphone qu'on a laissé dans une consigne, pas de cérémonies religieuses, encens, incantations...), nous avons marché jusqu'à cette grande boule recouverte de panneaux ronds dorés comme celui-là:
Ici l'amphitéatre avec l'urne au centre contenant les terres des 125 pays.
Et le fameux arbre qui est le réel centre du village. Comme on ne peut prendre des photos de prés ou dedans, voilà ce que nous avons vu (et vécu!!). Marche silencieuse (sauf pour quelques personnes indisciplinées qui se sont fait remettre à l'ordre) jusqu'à la boule, montée par une rampe et arrivée dans une petite salle ronde pour y mettre des chaussettes blanches sur nos chaussettes car après il y a de la moquette blanche partout, puis montée d'un escalier pour arriver dans une salle immense au centre, déco très 70s dans les tons oranges avec de l'eau qui coule le long des murs dans des rigoles. Une immense rampe pour monter d'un côté et une autre pour la descente de l'autre côté et enfin l'arrivée dans la salle tellement attendue. Une salle ronde d'un diamètre de 20 ou 25m, tout en marbre d'un blanc pur impressionnant avec de grandes colonnes et au centre, une boule de cristal totalement pur de 70cm de diamètre fabriquée en Allemagne, seule source de lumière.
Cette salle est pour la concentration, sur le lieu et sa signification, d'où le silence absolu. Il y fait frais car un système de refroidissement ingénieux a été conçu avec de l'eau qui passe autour. On y reste 25 min et c'est un endroit très particulier et impressionnant. On s'y sent bien et on peut se concentrer sur ce qu'on veut. Mais le but n'est pas religieux, on peut y méditer mais ce n'est pas le but non plus, juste se concentrer sur cette ville et son concept.
Pas de photos mais c'est plus parlant quand même en la voyant, alors allez là pour voir cette salle: http://www.anandapilgrimages.org/pilgrimages/southindia/auroville.htm
Revenons sur la boule de cristal. Un système de miroir se déplaçant avec le soleil envoie un rayon de soleil concentré sur la boule qui du coup éclaire la salle d'une lumière douce et tamisée. Ce rayon passe dans la boule et traverse la grande salle en dessous avec les 2 grandes rampes (on avait même pas remarqué en montant) et finit sa course dans un plus petite boule de cristal de 30cm de diamètre qui se situe en dessous de l'énorme sphère, au milieu d'une fontaine à débordement faite de fleurs de lotus en marbre blanc. Bref, magnifique endroit et très propice à s'imprégner de ce village si particulier.
Une fois sortis, nous nous sommes baladés sur les petites pistes du village avec la carte à la main. Si vous voyez des photos aériennes d'une ville en forme d'univers, sachez que ce n'est qu'un concept et qu'en fait on en est très loin puisque le village est surtout composé de nature et de quelques maisons éparses, plus ou moins riches. Des arbres, des étendues d'eau, des animaux, mais pas de ville futuristes comme sur le projet, du moins pas encore, peut-être un jour. Cela fait vraiment village baba-cool où des gens qui ne supportaient plus la société moderne sont venus se réfugier. Ils travaillent dans des fermes, cultivent tout en bio, font du fromage et le four solaire est utilisé pour cuire la majorité de la nourriture pour les 2000 habitants représentants 75 nationalités.
En plein milieu de cette visite, nous tombons en panne d'essence. Aie! On demande à la maison devant laquelle on s'arrête, et là, bonne surprise, il y a une station service à 1km de là. J'ai donc poussé le scooter pour pouvoir y mettre 100Rs d'essence. Ouf! On est sauvé!
Direction la plage, en passant par des pistes qui auraient bien méritées un quad ou une moto cross plutôt qu'un scooter mais bon, on est passé et sans tomber! :)
Arrivée à Auro-beach, nous nous sommes baignés dans une eau à 28 ou 30 degrés, le pied! C'était Samedi et on ne s'attendait pas à voir des tas d'Indiens saouls sur la plage. En fait, l'alcool est beaucoup moins cher à Pondicherry car un territoire uni et non un état et donc avec moins de taxes. La grande bière à 52Rs, soit 90 centimes d'€, çà attire les jeunes de Chennai et de Bengalore pour le week-end et Pondy est tout à coup blindé de monde. C'était drôle pour un instant, mais on a trouvé beaucoup moins drôle qu'ils lancent les cannettes de bière à la mer, qu'ils boivent en se baignant, on en a même vu un lancer une bouteille en verre dans les vagues. Déjà que c'est pas super propre, mais là c'était trop pour nos âmes écolos.
Certains Indiens se baignent en sous-vêtements, d'autres tout habillés. Celui-là était bien saoul et parlait au téléphone pendant que les vagues le trempait. Pour la baignade tout habillé, on a vu aussi des gens très bien se baigner comme çà, ils ne sont pas adeptes du maillot de bain! :)
Retour au scooter et là, pas de scooter à l'endroit où on l'a laissé. Panique à bord, personne n'a rien vu et je parle fort pour dire que c'est tout de même incroyable qu'on puisse voler un scoot devant un gardien de porte d'un resto sur la plage (au fond), 2 gardiennes de parking privé (sur la gauche sur la photo) et un mec tenant un magasin. Le scoot était pourtant bien là, avec les autres, sur la droite après le parasol.
Le mec du magasin de soot arrive après une heure, on fait un tour jusqu'à Auroville, et il m'explique qu'il est presque sûr qu'un touriste a confondu notre scoot et le sien et que sa clé a pu démarrer le notre qui est un ancien modèle. En effet, juste à côté de là où on l'avait laissé, il y a le même scoot mais en plus moderne, et ma clé ne fonctionne pas dans le sien.
Le proprio du magasin de scoot de Auroville est venu donner un coup de main, le but de la manœuvre étant d'attendre que le touriste en question revienne ou bien arriver à ouvrir le coffre pour y voir le nom du magasin qui a loué ce scoot. Il fait nuit, çà fait 2 ou 3h qu'on attend, on en a marre! Ils essayent des dizaines de clés, sans succès. Ils finissent par mettre ce scoot dans un camion, pour le "mettre à l'abri" et on part à 3 sur le scoot du proprio de notre magasin. Folklo le chemin! Les pieds qui touchent le sol dans les virages... :)
Et il me demande de descendre et de marcher à 1,5km de Pondy car il y a les flics plus loin. Pas loupé, je marche et je les vois et un gars vient me chercher quand j'entrais dans Pondy.
Fin de l'histoire, coup de fil le lendemain, ils ont trouvé le scoot, et je peux passer le chercher. Ce qu'il m'a pas dit de suite mais au moment de payer les 4 jours (650Rs, soit 10€, car 150Rs par jour), c'est que le gars du magasin en a eu de sa poche pour mettre le scoot de l'autre touriste idiot dans le camion et il me demande 200Rs. Je dis qu'il aurait du demander au fameux touriste de payer ces 200Rs + les 100Rs que je venais de mettre en essence dedans car il est bien sûr revenu quasi vide. Après discussion, j'ai fini par donner 100Rs, soit la moitié, car je suis un gentil et que le gars aussi. Et voilà!
No comments:
Post a Comment